Du Mardi, 16 mars 2010 au Vendredi, 19 mars 2010, de 17h00 à 20h00
ARTS VISUELS / EXPOSITIONS
Par la Compagnie Les corps secrets
Résidence à anis GRAS du 26 février au 19 mars 2010Ateliers portes ouvertes à l’issue de la résidence,du mardi 16 au vendredi 19 mars à partir de 17h / Entrée libre
Eline G. est plus qu’un homme, et c’est une traversée du temps. Né dans un territoire disputé d’Europe centrale dans les années 1820, puis disparu. Salarié a la vie pleine de digressions secrètes. Il a laissé, en quelques points, villages aux frontières, des biens. Traces d’engouements dont les objets réels ont été oubliés, et dont les références, peut-être savantes, assurément surannées, échappent aujourd’hui a tous. Tables mortes, autels, sibylles décapitées, plateaux.
La Compagnie de théâtre Les corps secrets a le plaisir aigu de vous inviter à visiter le cabinet des objets d’Eline G., fantôme.
Conception : Diane Scott ; Collaboration : Jessy Ducatillon.
Mardi, 16 mars 2010 à 20h30 Mercredi, 17 mars 2010 à 20h30 Jeudi, 18 mars 2010 à 20h30
RESIDENCE / THEATRE
Par la Compagnie Choeur en Scène
Mardi 16, mercredi 17 et jeudi 18 mars à 20h30 / Entrée : 8 €
Réservation : 01 49 12 03 29 ou lelieudelautre@no-log.org
Lieu ouvert dès 19h30 - BAR (tous les jours) / RESTAURATION (mardi)
“Singulièrement 3″ est une suite en trois actes de madrigaux et petits rituels poétiques, étranges ou burlesques qui explorent les singularités vocales et corporelles des chanteurs-comédiens de la compagnie Chœur en Scène.
Jean-Christophe Marti s’intéresse aux multiples productions vocales que chacun de nous invente, possède, reproduit, cache ou exhibe en dehors des codes esthétiques du chant. A côté des tons que nous nous autorisons à prendre en public, il existe en effet un univers vocal foisonnant et souvent intime propre à chacun, qui a été collecté et est devenu la source même de la composition. Cette exploration du singulier vocal amène la chorégraphe Nicole Piazzon à celle des corps, des fines différences qui signent nos corps et nos gestes. Déclinées comme des figures de danse, les polyphonies jouent dans un espace de territoires singuliers. En contrepoint, un dispositif simple de diffusion sonore crée des ambiguïtés fines et organise un trouble de la perception. La singularité de chacun renvoie des images sonores et corporelles diffractées : elle est d’emblée une pluralité foisonnante et réjouissante.
Jean Christophe Marti : Conception, musiques; Nicole Piazzon : Chorégraphie et collaboration à la bande son ; Emmanuèle Dubost : Chef de chœur.
12 singuliers chanteurs-comédiens : Mickaël Chouquet et Anaïs Pélaquier (assistants mise en scène), Emmanuèle Dubost (chef de choeur), Emilien Hammel (chef assistant), Pascale Lavandier, Tatiana Mironov, Elsa Pélaquier, Pascale Salmon, Ana Guanabara, Lionel Gontier, Philippe Marchiset, Nicolas Lefebvre.Création Lumière : Nicolas Villenave ; Régie son : Pierre Guillaume (bande son réalisée en 2008 à la Muse en Circuit) ; Photos : Benoît Richter.
Ce spectacle est soutenu par la DRAC Ile-De-France, le Conseil Général de l’Essonne, la Ville de Massy, le Conseil Général du Val-de-Marne, la Fondation France Télécom, Commande d’Etat / La Muse en Circuit.
RENCONTRE-SPECTACLE AVEC ARLETTE FARGE, historienne
Dernier ouvrage : Essai pour une histoire des voix au dix-huitième siècle, Bayard Editions, 2009.
Vendredi 19 mars à 20h30 / 5 euros
POUR UNE HISTOIRE DES VOIX AU 18EME SIECLE / POUR UNE MUSIQUE DES VOIX AUJOURD’HUI
« Affirmer qu’Arlette Farge fonde son travail d’historienne sur l’écoute des archives de police du 18ème siècle peut sembler étrange. Toutefois si lecture et écoute vont ici de pair, c’est que les traces écrites de ce fonds immense, dont Arlette Farge est une éminente spécialiste, reconduisent sans cesse à la réalité sonore du monde urbain et populaire d’autrefois.
Ainsi, les policiers chargés de recueillir les mille et uns échos du peuple parisien, ce peuple toujours menaçant pour le pouvoir, notaient-ils à la hâte et en vrac tout ce qu’ils entendaient : une prise de sons avant l’heure !
Encore faut-il vouloir la décrypter, y prêter l’oreille, s’aventurer hors des sentiers battus de l’historiographie.
Dans son dernier livre, Essai pour une histoire des voix au 18ème siècle (Bayard Editions, 2009), Arlette Farge réussit ce pari radical : restituer une part du monde sonore déposé dans les archives et inventer les outils qui donnent accès à ce continent lointain.
Cette dimension sensible du travail d’Arlette Farge peut concerner, je crois, la musique d’aujourd’hui. Ne serait-ce que par le refus des préfabrications esthétiques, et l’acceptation préalable d’un donné sonore en fatras : Arlette Farge travaille en effet sur les voix anonymes du peuple, considérées comme étant grossières, indistinctes, indignes d’attention.
Dans “Singulièrement 3″, j’ai voulu composer au plus près de la singularité vocale de chaque interprète, en partant d’un collectage minutieux de ces singularités. Or chacune des voix n’est-elle pas aussi comme un “archivage” infiniment divers et subtil de strates de vie et de temps accumulées, mixées ? qui témoignent tout autant de nous-même au plus profond, que de notre tissage incessant avec tant et tant d’autres ?
Si la singularité nous interroge, c’est qu’elle n’est justement pas l’”intimité” fabriquée par les médias pour servir d’objet au voyeurisme de masse. Ni la solitude emportée par la foule.
La voix témoigne peut-être d’une utopie : celle des sujets que nous sommes, jamais renfermés dans leur capsule amphibie ; mais cherchant, à l’infini des passions et des manières d’exprimer, un sens qui puisse se partager.
Dans une écriture nouvelle attentive aux voix, l’esthétique et le politique, que les pouvoirs de tous ordre ont intérêt à dissocier (ou à associer de manière bien-pensante et kitsch), se rejoignent peut-être de manière révolutionnaire? »